Chaque année, l’évaluation du rendement est la bête noire de nombreux employés. À cette idée, ils éprouvent une appréhension qui n’a d’égal que leur sentiment d’impuissance devant leur supérieur pendant la rencontre d’évaluation. Bien sûr, ils ont un problème…
Le problème, c’est leur façon d’envisager l’évaluation du rendement, comme une comparution en cour, devant un juge impitoyable dont les décisions sont sans appel.
Mais l’évaluation du rendement, ce ne devrait pas être une épreuve pénible qui crée des frictions entre le patron et l’employé. Elle devrait être un processus positif où les deux parties jouent un rôle important. Le but étant de permettre à l’employé de progresser vers la réalisation de ses objectifs.
À quoi sert l’évaluation?
L’évaluation a comme but d’apprécier votre rendement, soit de faire avec votre supérieur un suivi de l’atteinte des objectifs fixés l’année précédente. Elle peut aussi être l’occasion d’évaluer votre sens des responsabilités, votre efficacité au travail, votre intégrité, la qualité de votre travail, votre capacité de gérer le changement, votre esprit d’équipe, votre sens de l’innovation, votre respect du client, votre assiduité et votre ponctualité. Et ainsi de suite…
Votre supérieur devrait en profiter pour vous donner une rétroaction sur la situation telle qu’il la perçoit et pour évaluer votre progression depuis la dernière évaluation. L’évaluation du rendement permet également de fixer de nouveaux objectifs ainsi que d’établir ou de rectifier votre plan de perfectionnement et de formation, en vue de corriger les lacunes qui auront été constatées. Généralement, votre augmentation salariale annuelle ou, s’il y a lieu, votre prime au rendement sont déterminées à la suite de l’évaluation.
Préparez-vous!
Sachez que vous êtes responsable de votre préparation à cette rencontre où vous aurez un rôle important à jouer. Si votre patron – comme ce serait recommandé – vous a remis un exemplaire du formulaire d’évaluation du rendement, vous pourrez faire une autoévaluation préalable à la rencontre. Réfléchissez à vos forces et à vos faiblesses, à vos objectifs futurs.
N’hésitez pas à poser des questions et à demander des précisions à votre supérieur, si nécessaire. Les divers facteurs sur lesquels votre rendement sera évalué doivent être clairs, sans équivoque.
Vous devrez présenter vos résultats. Alors, notez vos progrès qui sont en lien direct avec la poursuite de vos objectifs (avec chiffres à l’appui) et pour lesquels vous aimeriez obtenir une rétroaction. Grâce à cet autodiagnostic, vous serez en mesure de dialoguer avec votre supérieur immédiat.
Pendant la rencontre…
Pendant la rencontre d’évaluation, ce sera le moment d’informer votre superviseur des difficultés que vous éprouvez, de déterminer si vous avez besoin d’assistance et d’élaborer, conjointement avec lui, des moyens de surmonter ces obstacles. Vous en profiterez aussi pour lui demander quelles sont ses attentes envers vous et pour fixer, conjointement avec lui, vos objectifs pour l’année qui s’en vient.
Souvenez-vous que l’évaluation du rendement n’est pas un processus à sens unique. Votre supérieur aura des observations à vous faire, vous aurez des commentaires à formuler…
Donc, écoutez attentivement, ayez une attitude ouverte. Ne vous laissez pas envahir par des perceptions ou des sentiments négatifs. Cela vous empêcherait de saisir correctement les propos de votre superviseur et d’y répondre avec sang-froid et justesse.
C’est ainsi, par une participation active et pertinente, que l’évaluation de votre rendement deviendra un processus en évolution, d’année en année, et non pas, comme c’est parfois le cas, une simple mascarade. Sa réussite dépend en grande partie de vous. Alors, prenez les choses en main, profitez de cette démarche et tirez-en le meilleur parti pour votre avenir professionnel.
Florent Francoeur, CRHA, est président-directeur général de l’Ordre des CRHA et CRIA du Québec.