Dossier spécial > Grippe A(H1N1)

Employeurs, êtes-vous prêts en cas de pandémie?

Le vingtième siècle a connu trois principales pandémies, soit la grippe espagnole, la grippe asiatique et la grippe de Hong Kong. Ces trois pandémies ont causé de nombreuses hospitalisations et engendré d’innombrables décès. À l'aube du 21e siècle, de nouvelles menaces se font sentir. C'était le cas notamment du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) il y a deux ans; mais le plus récent péril est la grippe aviaire. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la menace de ce type de pandémie se fait de plus en plus grande et pourrait toucher entre 15 % et 35 % de la population québécoise. En fait, on craint que cette pandémie provoque près de 34 000 hospitalisations et autour de 8500 décès. Ces statistiques se doivent d'interpeller les employeurs québécois qui pourraient faire face à un taux d'absentéisme potentiellement élevé dans leurs organisations.

Les employeurs sont-ils prêts cependant à affronter cette situation? Ont-il un plan d'action pour assurer la continuité de leurs activités et la survie de leur organisation tout au long de la pandémie?

Mais qu’est-ce que la grippe aviaire? En fait, c'est une maladie contagieuse, provoquée par des virus, qui affecte habituellement les oiseaux et les porcs. L'exposition de l'humain à la viande ou à des déjections de volailles sera un premier mode de transmission du virus de la grippe aviaire. Le second mode, plus progressif, sera sans doute une adaptation du virus à l'organisme humain qui pourra alors être infecté et transmettre le virus. Bien que l'évolution soit difficile à prévoir, on estime que le phénomène pourrait s'étendre sur deux ans. Le lieu et le moment d'impact sont encore impossibles à prédire.

Cette pandémie pourra potentiellement toucher un grand nombre de Québécois. Elle touchera non seulement la population active, mais aussi les enfants ou les proches de ces personnes qui auront besoin de soins et qui généreront par le fait même des arrêts de travail supplémentaires. Ainsi, les conséquences néfastes d’un taux élevé d'absentéisme requièrent qu'on se dote d'une politique préventive et stratégique et qu'on alloue un budget pour élaborer un plan de continuité des activités de l'organisation.

Pour ce faire, une première étape consiste à créer une équipe de gestion de crise, qui effectuera un contrôle et assignera les rôles et responsabilités de chacun en cas de crise.

Une deuxième étape est de recenser les principales activités de l'entreprise, les outils nécessaires à la survie minimale de l'entreprise et déterminer les ressources clés qui pourront assurer la bonne marche des opérations.

Une troisième étape touche les horaires de travail : il faut envisager la possibilité de rendre les horaires plus flexibles et surtout de recourir au télétravail. Le télétravail diminuera les risques de contamination en réduisant les contacts entre les individus. On pourra même envisager le recours à des firmes de location de personnel ou même à des fournisseurs ou sous-traitants alternatifs.

Une quatrième étape est la sensibilisation et l'élaboration des mesures de prévention. Ainsi, il sera important de rappeler l'importance de se laver les mains pour minimiser la propagation de virus, d’utiliser un masque si nécessaire et de désinfecter les surfaces. On peut aussi prévoir une gestion des cas et des contacts et même la fermeture des lieux de rassemblement.

Une procédure d'intervention immédiate devra aussi être élaborée pour informer les employés sur la marche à suivre au moment opportun.

Ce faisant, le but n'est pas de créer un état de panique, mais bien de sensibiliser autant les employeurs que leurs employés aux mesures à prendre, aux conséquences et aux risques inhérents à une telle situation de crise.

Chantal Boutin, CRIA, est conseillère chez Raymond Chabot SST inc.