Dossier spécial > Grippe A(H1N1)

Avant que la crise n’éclate…

Avez-vous l’impression qu’il y a toujours une catastrophe imminente? L’an dernier, c’était la grippe aviaire. L’année d’avant, le SRAS. À quoi peut-on s’attendre cet hiver? Nul ne peut le prédire, mais on peut se douter qu’il y aura encore sujet à s’inquiéter. Et comme aucune entreprise n’est à l’abri des dangers, il faut donc se préparer à les affronter.

Il ne s’agit pas de crier au loup, non. Une chose est certaine cependant, il faut anticiper les crises, bénignes ou majeures, qui peuvent menacer la santé et la sécurité des travailleurs, et ce, avant qu’elles frappent. Quand on est responsable d’une usine, d’une manufacture, d’un laboratoire, d’un hôpital ou de tout autre établissement, on se doit de prévoir les situations imprévues et même les désastres, afin de pouvoir les gérer quand ils se produiront.

Et je parle ici de crises qui peuvent être engendrées tant par des incidents telle la chute fatale d’un travailleur que par des fléaux majeurs comme une inondation. Ces crises peuvent être causées par des événements prévisibles, mais aussi frapper sans avertissement. Multiples, elles exigent une procédure à suivre qui prévoit la plupart d’entre elles. C’est cette procédure, véritable bouée de sauvetage, qui vous permettra de réagir avec toute la diligence et le calme requis en toute situation.

Réaction immédiate : le plan d’intervention

Avant tout, vous devez évaluer la situation dans votre organisation. Cela veut dire faire l’inventaire des lieux, des risques pour les personnes ou pour l’environnement, internes ou externes, etc. Il faut connaître tous les risques qui menacent les travailleurs et l’entreprise… Sans cette évaluation, on ne peut espérer concevoir un bon plan d’intervention.

Ensuite, on établit la procédure d’intervention, qui doit prévoir qui fait quoi, les actions à poser suivant chaque risque répertorié, les premiers secours, les voies d’évacuation, la coordination avec le service d’incendie, les ressources à contacter, les communications internes et vers l’extérieur, sans oublier le soutien psychologique aux employés, et ainsi de suite.

C’est ainsi que vous pourrez protéger la santé de vos travailleurs, voire sauver leur vie. Il est donc crucial que chacun soit bien familiarisé avec les tâches qu’il aura à accomplir en cas de crise, sans courir de risques inutiles. Il ne faut jamais se fier à l’improvisation ou aux gestes téméraires! L’intervention réussie est toujours due à l’application d’un plan rigoureux et éprouvé.

Attention! Votre plan d’intervention ne doit pas s’empoussiérer sur une tablette. Vous devez le mettre à jour en tenant compte de tout incident qui aurait pu survenir depuis sa mise en œuvre, vérifier régulièrement que chaque intervenant connaît bien son rôle, faire des simulations pratiques suivies d’un bilan, etc.

Retour aux activités normales : le plan de continuité

Aspect primordial de la gestion des crises, le plan de continuité des opérations est trop souvent négligé par les gestionnaires. Pourtant, une crise peut quelquefois forcer l’interruption des activités de l’entreprise, ce qu’il faut si possible éviter. Il faut donc concevoir divers scénarios pour diminuer les impacts économiques d’une crise.

Pour ce faire, il faut encore une fois inventorier les risques présents dans l’entreprise et dans son environnement. Ensuite, déterminer les activités prioritaires, celles qui ne peuvent pas être interrompues sans nuire gravement aux employés ou à l’organisation, le service de la paie par exemple.

Cela fait, vous devez identifier les personnes et les moyens essentiels pour maintenir ces activités. Les employés réaffectés temporairement devront savoir ce qu’ils ont à faire. Dans certains cas, cela peut aller jusqu’au confinement de certaines personnes… Il faut aussi évaluer les équipements nécessaires, prévoir les solutions de rechange en cas de bris, et ainsi de suite.

Tout comme pour le plan d’intervention, la communication, les exercices de simulation, la mise à jour périodique du plan de continuité sont indispensables pour assurer une réaction rapide et appropriée à toute situation de crise dans l’entreprise.

Avantage non négligeable, la mise en place des plans d’intervention et de continuité vous permettra d’évaluer la vulnérabilité de votre organisation et de remédier, souvent au fur et à mesure, aux lacunes que vous aurez observées.

N’oubliez pas en terminant que vous pouvez consulter diverses ressources locales, provinciales et fédérales (CSST, organismes indépendants et divers ministères) pour concevoir vos plans d’intervention et de continuité.

Florent Francoeur, CRHA, est président-directeur général de l’Ordre des CRHA et CRIA du Québec