En ces temps de concurrence mondiale et de pénurie de main-d'oeuvre, les organisations ont plus que jamais besoin d'employés motivés, mobilisés, enthousiastes et fidèles à l'entreprise. Pour leur part, les employés ont besoin d'encouragement. À cet égard, la reconnaissance est aussi importante que le recrutement ou la planification de la relève.
On s'est rendu compte, avec l'expérience, que ce ne sont pas les incitatifs pécuniaires qui fidélisent les employés, qui augmentent leur productivité. Souvent, un salaire juste contribue à attirer un candidat de calibre dans l'organisation. Toutefois, il ne suffit nullement à le conserver. Il faut se dire qu'un salaire, même élevé, peut toujours être égalé ou surpassé par une entreprise concurrente.
Je ne dis pas qu'il ne faut pas accorder de bonis. Non, mais il faut plus que ça…
Une culture de reconnaissance
Ce qu'il nous faut, c'est établir une véritable culture de reconnaissance dans l'entreprise. J'entends par là une culture harmonisée aux valeurs de l'organisation. Évidemment, la valorisation de la contribution des employés doit faire partie intégrante de ces valeurs.
Il faut d'abord réaliser que la reconnaissance ne se résume pas à organiser une remise annuelle de récompenses, pécuniaires ou honorifiques. À mon avis, pour devenir un moyen de susciter l'engagement et la fierté des employés, elle devrait faire partie des pratiques de gestion courantes plutôt que d'être une activité ponctuelle. Et en ce sens, c'est la reconnaissance non financière qui est la plus importante.
Systématiser la reconnaissance…
Le premier pas pourrait être l'implantation d'une politique de reconnaissance, qui vise à souligner la contribution des employés, sous divers aspects. Elle favorisera l'émergence dans l'entreprise d'une habitude de récompense du mérite, de l'initiative, de la constance au travail, de l'excellence, des années de service et ainsi de suite.
Évidemment, la politique peut prévoir des récompenses pécuniaires. Mais toujours, nous devons nous rappeler que c'est la reconnaissance qui compte, beaucoup plus que l'argent. On s'est aperçu, en effet, que les gratifications non financières, qui peuvent revêtir toutes sortes de formes, offrent plus de souplesse, parce qu'elles permettent de témoigner de la reconnaissance au bon moment.
Une politique de reconnaissance devrait donc comprendre plus que des récompenses en espèces pour signifier à nos employés performants que nous sommes satisfait de leur travail. Les mesures incitatives non pécuniaires devraient aussi y être prévues officiellement.
Une reconnaissance en deux volets
Évidemment, il est important de récompenser, par des activités officielles telle une cérémonie de remise de prix, les accomplissements hors du commun de certains employés. On peut aussi penser au traditionnel tableau d'honneur, qui peut cependant être mis au goût du jour en étant affiché dans l'intranet. C'est une excellente façon de souligner les actions d'éclat, le rendement exceptionnel d'un individu ou d'une équipe, une innovation, etc.
Il est aussi essentiel de souligner, régulièrement et de façon personnalisée, le travail bien fait. Il existe plusieurs mesures concrètes, telles les félicitations inscrites au dossier, peut-être lors de l'évaluation du rendement, la rétroaction positive, les cadeaux à l'occasion d'activités spéciales. La récompense peut aussi prendre la forme de congés, de formation, d'avancement en grade.
La reconnaissance au quotidien
Mais il ne faut pas s'en tenir là! Il faut développer une culture de reconnaissance qui se manifeste au quotidien, par des paroles ou des gestes spontanés. Souvent oubliée, c'est pourtant cette forme de reconnaissance qui suscite la fierté chez les employés, stimule leur sentiment d'appartenance, augmente leur mobilisation et crée un climat de mieux-être dans l'organisation.
Les employés ont besoin de signes sincères d'appréciation. Billets de spectacles ou de hockey, dîner au restaurant, tape sur l'épaule, mot de remerciement, les possibilités sont infinies… Et il faut s'organiser pour féliciter tout le monde, d'une façon ou d'une autre. Il s'agit d'être constamment à l'affût des opportunités de reconnaître les bons coups des employés et la valeur de leur travail.
Nous devons, comme gestionnaires, devenir des champions de la reconnaissance, mobiliser nos troupes en démontrant une reconnaissance constante de leurs réalisations. Il nous faut aussi donner ces encouragements avec impartialité. Enfin, la reconnaissance des pairs étant elle aussi un puissant incitatif, nous devons former les membres de notre équipe pour qu'ils puissent participer à cette culture.
Au bout du compte, c'est ce qui fera la différence entre un employeur de choix et celui qui ne l'est pas…
Alain Desgagné, CRIA, est président du conseil d'administration de l'Ordre des CRHA et CRIA du Québec et directeur, développement et gestion des ressources humaines, Union des producteurs agricoles du Québec (UPA).